Il y a quelques semaines, nous nous sommes rendus au nouveau Campus d’EDF pour y découvrir le learning lab baptisé “Learning Factory”. Espace de créativité et de production vidéo, la Learning factory a pour but de faciliter l’innovation pédagogique et d’accélérer la création grâce à des outils numériques et des méthodes favorisant l’intelligence collective. Catherine Fraissenon, responsable de la Learning Factory, nous fait visiter les lieux et nous explique les objectifs de ce lab.

 

 

Un learning lab conçu avec les formateurs du Campus EDF

 

En 2016, lorsque le nouveau Campus EDF sort de terre, l’idée émerge de créer un espace d’innovation. Si la learning factory, pour être catégorisée comme un “learning lab” doit répondre à un certain nombre de critère énoncés par le réseau des learning lab en France, Catherine Fraissenon avait champ libre pour créer cet espace d’innovation.

 

“J’ai réuni des formateurs pour essayer de comprendre leurs besoins.”, nous explique Catherine Fraissenon. “En discutant avec eux, nous avons trouvé des champs d’exploration : permettre la création de médias pédagogiques, bénéficier d’un espace de créativité. Je me suis rendue compte que l’on pouvait raccourcir une partie du processus de conception de l’ingénierie pédagogique par un travail collaboratif avec les acteurs de la formation. Cela permet d’aller plus vite et ensemble sur la rédaction du cahier des charges, l’analyse de la demande…”

 

L’objectif du lieu était donc tout tracé : concevoir un espace dédié à accélérer les processus de création. Dans son Learning Lab, Catherine Fraissenon accueille les formateurs pour des sessions de créativité dans un espace dédié, ou dans un studio vidéo où ils peuvent réaliser des MOOCs ou des tutos en toute autonomie.

Mais les usages ne sont pas figés : la Learning factory est un espace mouvant, qui s’adapte en fonction des besoins des utilisateurs. “Je me rends compte qu’il y a des usages qui arrivent et que je n’avais pas prévus, mais ils sont les bienvenus ! L’espace est polymorphe : les gens qui viennent font bouger l’espace, les nouveaux projets définissent l’évolution du lieu.”

Un lieu “sans contrainte” donc, comme le décrit Catherine Fraissenon, construit avec les utilisateurs et qui évolue à leur contact. “La seule contrainte, c’est de réfléchir à la façon dont on va concevoir le projet. On bouge les meubles, on conçoit les outils, c’est un peu fait maison, mais c’est un peu le concept du learning lab!”.

 

 

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Le learning lab, un espace convivial avant tout

 

Digitaliser la formation grâce à des outils simples : “learning by making !”

 

La learning Factory est d’abord un lieu où l’on conçoit. Notre visite débute dans le studio de création vidéo. Un fond vert, une caméra, des logiciels de montage : à première vue, un vrai studio vidéo professionnel. Sauf que dans ce studio, pas besoin d’être un professionnel pour créer ses propres formats vidéo : avec l’outil Rapid Mooc, Catherine Fraissenon propose aux formateurs d’enregistrer leurs contenus en toute autonomie.

 

“Les formateurs viennent et conçoivent leurs propres vidéos en moins d’une heure. C’est rapide et ça ne coûte rien. L’objectif, c’est vraiment d’accélérer les projets : on fait prendre conscience aux formateurs que créer un mooc, ce n’est pas si compliqué que cela ! Ce sont des outils simples comme ceux là qui permettent de digitaliser la formation et de redonner confiance aux formateurs face aux outils numériques”

 

 

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Le studio vidéo du Learning Lab

 

 

Lors de notre visite, un petit groupe avait investi l’espace de créativité pour concevoir un teaser vidéo d’une formation. Ils ont deux jours pour concevoir et réaliser leur propre vidéo. “C’est très opérationnel : ce soir, le petit groupe repartira avec sa vidéo, dans deux jours elles seront postées sur le LMS (Learning Management System). Et ils reviennent ici pour en refaire quand ils le souhaitent !”, nous raconte Catherine Fraissenon. L’intégration du lab dans l’entreprise favorise nettement l’accélération des projets, comme nous l’explique Catherine Fraissenon :

 

“On a bien sûr toujours des prestataires extérieurs, Mais pour des choses simples, faciles, rapides, ils peuvent venir nous voir et au moins, leurs projets leur ressemble !  Ici, les formateurs viennent aux ateliers avec un projet, ils ressortent avec une production concrète, et au passage, ils ont rencontré d’autres formateurs du groupe. L’espace est collaboratif et on discute dans le canapé comme à la maison ! ”

 

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Apprendre à créer de nouvelles formations en mode agile

 

Au-delà de la conception, la learning factory est également un lieu où l’on apprend. Catherine Fraissenon organise des ateliers de design thinking pour apprendre à concevoir des formations autrement, repenser le parcours pédagogique.

En étant agile, les formateurs découvrent alors qu’ils peuvent concevoir plus rapidement :  “Ils me disent : “ça va beaucoup plus vite!”. Nous sollicitons des personnes capables d’adapter certaines méthodes de design thinking pour concevoir un parcours de formation. Nous sollicitons ainsi des facilitateurs pédagogues qui connaissent à la fois la créativité et la pédagogie.”

Le but de l’espace est donc de mettre le formateur au cœur du dispositif d’innovation : “Nous faisons en sorte que les personnes se sentent bien au sein de la learning factory. Qu’elles fabriquent et apprennent à leur rythme, et qu’elles acceptent l’imperfection et l’artisanat ! La formation doit gagner en efficacité et elle doit être capable de réactivité. Savoir faire soi-même est un bon moyen pour aller vite, bien et pas cher !”