L’arrivée des millenials dans l’entreprise bouscule les codes traditionnels des managers et leur cadre de réalité. Cette génération que l’on nomme aussi Y est perçue comme exigeante, impatiente, dispersée. On dit aussi d’elle qu’elle rejète les codes de l’entreprise traditionnelle, préférant les startups et leurs modèles plus libres.

Mais c’est aussi une génération pragmatique, créative, autonome et qui croit en des valeurs fortes. En quête de sens, les millenials ressentent surtout un décalage profond entre les outils qu’ils utilisent au quotidien et ceux qu’ils découvrent dans l’entreprise.

Au delà des outils, c’est par le management et l’évolution des méthodes de travail que ces nouvelles générations pourront se sentir engagées dans l’entreprise et libérer alors tout leur potentiel de créativité.

Créer un cadre favorable à l’autonomie 

 

Selon une étude menée par ViaVoice pour ManpowerGroup*, parmi les critères qui poussent la génération Y à rester dans l’entreprise, 29% citent les possibilités d’évolution au sein de celle-ci. Aussi, s’ils se tournent aujourd’hui plus facilement vers les startups, c’est parce qu’ils perçoivent les hiérarchies des grandes entreprises comme contraignantes, les empêchant d’accéder à une autonomie qui leur permettrait d’exprimer leurs idées. L’indépendance et la responsabilisation sont donc pour eux une véritable source d’épanouissement.

Pour satisfaire ce besoin d’autonomie chez ces collaborateurs, le manager ne doit alors plus être dans le contrôle permanent mais dans l’accompagnement. A l’écoute des nouvelles attentes des collaborateurs, son rôle est de fixer un cadre au sein duquel l’autonomie sera favorisée, et permettre le droit à l’erreur. C’est ce droit à l’erreur qui créera de l’engagement et libérera la créativité des collaborateurs.

Face à l’impatience de réussir, la nécessité pour le manager de communiquer.

 

Pour les millenials, le numérique n’est pas un outil mais un quotidien vécu qui impact leur façon de communiquer et de collaborer : ils ne supportent pas les échanges figés, préfèrent le chat à l’email pour fluidifier et accélérer les interactions, consomment du contenu à chaque instant, ont accès à une multitude d’informations et de savoirs de façon instantanée.

 

Cette addiction à l’instantanéité dans leur quotidien personnel se heurte alors à une réalité professionnelle différente au sein de laquelle ils rencontrent des processus plus lents. Dans une interview devenue virale, Simon Sinek invite cette génération à la patience : la reconnaissance, la satisfaction professionnelle ne s’acquiert qu’avec l’expérience, et donc le temps.

 

 

C’est donc une génération impatiente d’accéder à des responsabilités qui arrive dans l’entreprise, mais aussi désireuse d’apprendre et de cultiver son accès quotidien au savoir.

Le manager doit alors instaurer une culture du feedback permanent pour créer un cadre propice à la montée en compétence des collaborateurs. Il doit proposer des retours réguliers sur leur travail, sans attendre un entretien annuel trop formel et dont la fréquence n’est plus adaptée aux attentes des collaborateurs et au rythme de l’entreprise.

 

Un défi majeur pour le manager : engager ses collaborateurs

 

Le quotidien professionnel créerait-il du désenchantement pour les nouveaux collaborateurs issus de la génération millenials ? Il appartient au manager, entre autre, de les motiver pour les engager dans la culture et le projet de l’entreprise. Mais l’engagement ne concerne pas seulement les jeunes de 18 à 30 ans.

Jurgen Appelo, fondateur du management 3.0, propose quelques principes pour satisfaire les besoins majeurs du collaborateur que sont la compétence (être capable de faire) et l’autonomie (avoir la possibilité de faire des choix). Parmi ces principes, le manager doit permettre de dynamiser les personnes. Pour cela, les méthodes agiles permettent de créer des environnements stimulant la créativité qui conviennent bien aux attentes de la génération millenials (mais pas que!).

Le manager agile n’est pas seulement celui qui saura appliquer une méthodologie : parmi ses qualités, il doit contribuer à instaurer un véritable modèle participatif en prenant en compte les capacités créatrices de chacun, laisser place à l’imagination et aux idées, créer une nouvelle proximité avec ses équipes afin de partager quotidiennement les valeurs de l’entreprise.

Ainsi, il réussira alors à engager ses collaborateurs qui, en retour, libèreront tout leur potentiel créatif au profit de l’innovation.

Avec l’arrivée des Y et bientôt des Z dans l’entreprise, être agile devient une nécessité pour les managers, et cela vis à vis de l’ensemble des collaborateurs.