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Le 20 mars, le Garf (Groupement des acteurs et responsables de la formation) invitait ses adhérents à réfléchir à l’impact du digital sur les compétences et l’uberisation [1]  de la formation, lors d’une matinée à Centre Inffo. Un article rédigé par Christelle Destombes du Centre Inffo.

Le digital : une opportunité pour le développement des compétences

 

JBGOUIN_TALENCOAlors que la digitalisation provoque une véritable révolution professionnelle, elle influence également les attitudes des collaborateurs.

Une révolution que les responsables de formation doivent prendre en compte, selon Jean-Baptiste Gouin, cofondateur de TalenCo, qui accompagne les entreprises dans leur « transformation digitale ».

Le digital crée une nouvelle forme de consommateur, ou de collaborateur, devenu BIOPAU : bavard, impatient, omni (-canal, -potent, etc.), partageur, autonome et unique. Cette nouvelle catégorisation conduit les RH à proposer des formations « uniques », adaptées aux besoins de chacun et qui rendent le collaborateur le plus autonome possible.

Dans un contexte de plus en plus concurrentiel, la gestion des compétences (dont 30 % deviennent obsolètes d’année en année) doit évoluer.  La GPEC [2] est désormais la « gestion proactive de l’évolution des compétences ». Avec un apprenant au cœur des dispositifs, des outils et des modalités qui explosent (social learning, reverse mentoring, etc.), le digital offre la possibilité d’un positionnement nouveau face à la formation, en favorisant l’autonomie des apprenants.

Quid de l’uberisation ?

Avec une offre atomisée et pléthorique, une expérience utilisateur qui n’est pas toujours de qualité, le secteur de la formation remplit deux des trois critères qui le rendraient « uberisable », selon Antoine Amiel, fondateur de LearnAssembly.

Deux sur trois, car la formation n’est pas un « produit » aisément standardisable, contrairement à un produit simple comme une course en taxi. Cependant, des acteurs se positionnent aujourd’hui, dans un contexte d’une offre difficile à quantifier ou à qualifier, comme des intermédiaires à même de supprimer les intermédiaires traditionnels. Il y a d’une part les « Trip Advisor » de la formation, tel MyMooc qui recense plusieurs milliers de cours gratuits disponibles en français, anglais et chinois.

D’autres sont des places de marché : aux États-Unis, Udemy, Teachable ou encore Skillshare permettent d’accéder en quelques clics à des milliers de cours, selon ses appétences, son métier, etc.
En France, la plateforme 360Learning, éditeur de solutions digitales, prescrit des contenus et permet aux organismes de formation de produire eux-mêmes des contenus dans une ergonomie adaptée au Web 2.0.

Prochaine étape, les API (interfaces de programmation applicatives), qui permettent d’envisager des agrégateurs de contenus, en provenance des places de marchés. Degreed, toujours aux États-Unis, est en passe de se positionner comme un véritable intermédiaire entre l’organisme de formation et l’apprenant. Pour Antoine Amiel, ces nouveaux acteurs sont à envisager, plus qu’une menace, comme un prétexte pour innover et repenser sa valeur ajoutée. L’ingénierie de formation doit évoluer pour recréer des produits à partir de modules existants, sans oublier de sensibiliser les collaborateurs au digital.

 

L’article original  » Vers une ubérisation de l’information » sur le site du Centre Inffo. 

 

[1] Néologisme créé par Maurice Levy, de Publicis. L’ubérisation est l’utilisation de services par les professionnels et les clients qui se contactent directement, de manière pratiquement instantanée, grâce aux nouvelles technologies. Cette réintermédiation détruit les acteurs traditionnels des marchés.

[2] Gestion prévisionnelle des emplois et des compétences