Lorsque l’on évoque la transformation digitale de l’entreprise, nombreux sont encore ceux qui pensent qu’il s’agit simplement d’une transformation des outils grâce aux nouvelles technologies.

Or, c’est là que la confusion règne autour de la transformation digitale. Il est important de considérer le digital comme une révolution culturelle plus qu’une révolution technologique. En effet, il ne s’agit pas seulement de restructurer son parc informatique ou de proposer des solutions utilisant la réalité virtuelle pour réussir sa transformation digitale.

Ainsi, parce que le terme de “transformation digitale” est encore mal compris au sein de l’entreprise et dans les mentalités collectives, le rôle du Chief Digital Officer tend à se diluer dans cette confusion.

Mal compris du reste de l’entreprise, le Chief Digital Officer se retrouve alors isolé dans ses missions lorsque son rôle est, au contraire, d’aller à la rencontre des collaborateurs pour infuser dans l’entreprise la culture digitale.

De la transformation digitale à la transformation des usages en entreprise

 

La révolution technologique entraîne avant tout une révolution de nos usages. Le smartphone nous a rendu omnicanal, la 4G toujours plus impatient, nos objets connectés nous affranchissent de nos intermédiaires et nous font gagner en autonomie. Nous sommes devenus BIOPAU ©  : bavard, impatient, omni, partageurs, autonomes, uniques.

Cette révolution des usages doit désormais faire écho au sein de l’entreprise. Celle-ci donne t-elle aujourd’hui aux collaborateurs tous les moyens pour affirmer leur nouvelle autonomie ?

Pour faire vivre la nouvelle autonomie du collaborateur, s’adapter aux nouveaux usages et donc réussir sa transformation digitale, l’entreprise doit avant tout revoir son organisation  afin de permettre à l’innovation de dépasser les open-spaces et les étages. L’open innovation commence par cela.

Comment ? En repensant les méthodes de travail et de management, en cassant les silos et en s’engageant vers de véritables modes de travail collaboratifs. C’est l’émergence de communautés de projets, d’intérêts ou d’innovation qui donnera à chacun la possibilité de suggérer, créer, améliorer, tester, apprendre encore et encore et contribuer à une réalisation collective.

C’est aussi dans ces communautés que se dessine le rôle du Chief Digital Officer, qui apparaît alors comme le facilitateur de l’innovation au sein de l’entreprise.

Le CDO, animateur d’une communauté d’innovation.

 

La transformation digitale ne repose donc pas seulement sur les épaules du CDO mais doit être vécue par tous. Bien que collective, elle doit être entraînée et suscitée par des managers, leaders du changement, ceux que Florence Karras, CDO chez BNP Paribas Cardif, dans un article publié sur Linkedin, appelle les “transformers”. Ils sont ceux qui osent bousculer la structure établie pour donner à leurs équipes des nouveaux moyens de création et d’innovation.

 

Comme le souligne Florence Karras, “ Il y a une diversité de Transformers éparpillés, pas toujours connectés entre eux du fait de nos organisations en silos ! Leurs actions individuelles sont importantes mais ne produisent pas toujours l’impulsion attendue. Parfois d’ailleurs la force obscure de l’inertie collective tend à les marginaliser.”

 

Pour le CDO, l’enjeu est donc de connecter entre eux les leaders de la transformation et d’animer une véritable communauté de création de valeur et d’innovation. Un RSE (Réseau Social d’entreprises) lui facilitera grandement cette tâche.

Pour cela, il doit mobiliser en particulier les managers dans leur rôle de transformer en leur donnant les moyens d’insuffler cette culture digitale à tous les niveaux de l’entreprise : des formations pour devenir plus agiles, de nouvelles méthodes de travail pour animer leurs équipes basées sur les méthodes agiles… les solutions ne manquent pas !